Rapidus Wafer

Et même un 1,4 nm par la suite ! Mais il faut beaucoup de sous pour y arriver et de ce côté-ci, il y a quelques hésitations...

Comme l’Europe, le Japon aussi entend revenir dans la course avec un 2 nm, mais pas exactement de la même façon. En effet, l’Europe va avant tout se reposer entre autres sur Intel pour une production de pointe "régionale", tout en faisant en parallèle valoir ses autres atouts non négligeables dans le monde du semiconducteur, par exemple ASML et l’IMEC. Ainsi, l’initiative européenne est principalement axée sur le développement des éléments constitutifs de la lithographie EUV de prochaine génération, la conception de nouvelles structures 3D et l’assemblage de circuits pour une technologie logique CMOS de 2 nm. L’idée étant de s’assurer de son indispensabilité dans la chaine du semiconducteur par les compétences et les technologies. Mais au Japon, il s’agit bien de construire directement des usines capables de produire en 2 nm et de faire du packaging avancé, et c’est la startup Rapidus qui a été missionnée pour le faire. 

Japon Rapidus

Rapidus est encore toute jeune, fondée en 2022 avec la bénédiction et le soutien du gouvernement japonais et des entreprises Denso, Kioxia, MUFG Bank, NEC, NTT, SoftBank, Sony et Toyota. La startup s’est rapprochée d’IBM pour la conception d’un procédé 2 nm basée sur la technologie GAAFET de l’américain. L’objectif est d’arriver à offrir cette technologie et du packaging avancé dès la première phase de l’usine complétée à partir de 2027, puis d’embrayer dans la foulée sur la seconde phase pour un procédé de classe 1,4 nm. Le projet est très important pour le Japon d’un point de vue stratégique autant qu’économique, puisqu’il redonnera au pays la capacité de fabriquer à nouveau des puces utilisant des procédés en pointe des technologies. Un segment qui lui échappe maintenant depuis des années et est dominé à ce jour principalement par TSMC, et dans une moindre mesure Intel et Samsung. 

Tout ça va demander une bonne quantité de manne financière. La première phase seule couterait aux alentours des 32 milliards de dollars. Le gouvernement a déjà approuvé l’équivalent de 6,5 milliards de dollars de subventions, tandis que les investisseurs comme Toyota et Sony ont engagé environ 51 millions de dollars de leurs proches. La retombée économique de l’établissement d’une industrie du semiconducteur à Hokkaido est estimée à ce jour à plus de 127,8 milliards de dollars d’ici à 2036. Le problème, c’est que les autres grandes banques - autres que celles déjà impliquées - sont plutôt réticentes à supporter massivement le projet et exigent des garanties gouvernementales pour se rassurer. C’est compréhensible. La construction de la première phase de l’usine a commencé, certes, mais le fondeur en devenir n’a pas encore fait ses preuves en matière de production et n’a aucun engagement de clients potentiels à faire valoir pour l’instant. Un projet de loi avec des dispositions pour faciliter le financement de Rapidus sera ainsi présenté en automne lors d’une session législative extraordinaire, ce qu'a garantie le premier ministre japonais lors d'un visite du site de construction à Hokkaido. L’aventure n’en restera pas moins risquée, car concurrencer TSMC, Intel Foundry et Samsung Foundry ne sera évidemment en aucun cas une mince affaire ! (Source : Nikkei, via Tom’s)

Matt


  • Cela sent le déménagement anticipé de Taïwan... Le secteur s'organise en vue d'une possible invasion par la Chine.

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