Lexar Nm1090 Banniere

Premier SSD PCIe Gen 5 signé Lexar, le NM1090 ne cherche pas à battre à tous les records : ses débits restent de haut niveau, mais avec une certaine idée de l'esthétique et du contrôle des températures. Pourquoi pas ?

Filiale du géant Micron, Lexar dispose de nombreux SSD à son catalogue, mais la marque américaine n'avait pas encore abordé le virage du PCIe Gen 5, et ce, alors que nombre de ses concurrents se sont lancés « à fond les ballons » sur cette nouvelle norme. La sortie du NM1090 est l'occasion de corriger le tir pour un Lexar qui ne cherche cependant pas à mettre tout le monde d'accord côté performances. Si Lexar évoque bien sûr des « performances de pointe », il n'est question « que » de 12 000 Mo/s en lecture séquentielle. Remarquez, c'est déjà plus que correct et Lexar a d'autres atouts à faire valoir.

Lexar Nm1090 01

Le petit SSD illustré

Puisque le NM1090 est commercialisé avec son petit dissipateur thermique – aucune version « nue » ne figure au catalogue du fabricant – il faut faire avec un conditionnement un peu plus encombrant que de coutume. Une gangue de plastique vient caler le SSD et assurer que la chose ne bouge pas de trop pendant le transport. Notez au passage la présence de l'imposant câble : celui-ci ne sert pas à alimenter le SSD ou son ventilateur – le M.2 suffit largement – il est là pour connecter le dissipateur à un contrôleur RVB.

Plutôt que d'opter pour un dissipateur « simple », Lexar a effectivement décidé de peaufiner un peu cet accessoire devenu indispensable alors que les SSD PCIe Gen 5 chauffent sensiblement plus que leurs homologues PCIe Gen 4. Le NM1090 est donc vendu avec un accessoire de 12 millimètres d'épaisseur qui réduit d'autant la finesse d'un SSD qui, pour le reste, est au traditionnel format « 2280 », c'est à dire mesurant 80 millimètres de long pour une largeur de 22 mm.

Pour son premier SSD PCIe Gen 5, Lexar n'a pas été très original côté composants. Il fait confiance, comme la majorité de ses concurrents, au contrôleur Phison PS5026-E26, l'un des plus réputés et des plus utilisés. Filiale du géant Micron, la marque a logiquement employé de la mémoire Micron 3D TLC NAND. Celle-ci est en 232 couches soit une augmentation notable par rapport à la génération précédente (en 176 couches). Bien sûr, selon la variante du NM1090, il est question d'une, de deux ou de quatre puces de NAND.

Lexar nous a fait parvenir la version « une puce » pour une capacité de stockage de 1 To, mais il commercialise aussi une version 2 To et une autre de 4 To. Des versions qui, comme souvent, assurent d'ailleurs des débits un peu plus élevés. Officiellement, alors que notre NM1090 1 To est annoncé pour 11500 Mo/s et 9000 Mo/s respectivement en lecture et en écriture séquentielle, les variantes de plus grande capacité affichent pour leur part 12000 Mo/s et 11000 Mo/s, toujours en lecture et en écriture séquentielle.

Comme toujours également, de cette capacité dépend l'endurance en écriture annoncée. Là, Lexar avance le chiffre de 700 To pour la version 1 To, 1400 To pour la version 2 To et même 3000 To pour la version 4 To. Ce sont des valeurs un bon cran supérieure à ce que propose la majorité des concurrents. Enfin, il est bon de préciser que Lexar intègre une puce de DRAM pour la gestion du cache du contrôleur. Dans le cas de notre modèle 1 To, il s'agit d'un composant SK Hynix de 2 Go de LPDDR4, mais nous n'en avons pas la référence exacte.

Comment qu'on a fait ?

Pas question de revoir notre protocole de test des SSD pour le moment et, de ce fait, pas non plus question de repenser la configuration utilisée pour en évaluer les performances. Nous avons donc reconduit la plateforme LGA1700. Le Lexar NM1090 est monté sur la carte ASUS Z790 affublé de son dissipateur. Nous avons bien sûr comparé la bête à une ribambelle de SSD SATA ou NVMe et notre disque système est le KIOXIA KBG40ZNV256G de 256 Go, pompant 4 lignes PCIe 3.0, et servant de base lors des tests de transfert.

Core i9-13900K + ASUS ROG Ryujin III ARGB 
ASUS ROG Strix Z790-E Gaming WiFi 2
G.Skill Ripjaws S5 DDR5-5600 CL28 (2x 16 Go)
iGPU Intel UHD 770
Kioxia 256 Go (système)
Lexar NM1090 1 To avec radiateur (Testé du jour)
Silicon Power A55 (SSD Sata), Samsung 980 (NVMe), Samsung 990 Pro with Heatsink, MSI M580 Frozr (NVMe), Crucial T705 avec radiateur, Corsair MP700 Pro SE en guise de chair à canon

La partie test comporte des tests synthétiques, et des tests pratiques. Le tout est fait sous environnement Windows 11 Pro 23H2 à jour au moment des mesures et relevés. Voici le panel :

Tests Synthétiques :
• PCMark 10 Pro Storage
• CrystalDiskMark 8.0.5
• AIDA64 7.20.6802 écriture linéaire

Tests pratiques :
• Copie d'archive de 90 Go : mesure du temps
• Benchmark FF Endwalker : mesure du temps de chargement des scènes
• Relevé des températures repos/charge

Et voici les performances !

PCMark Pro 10 Storage

Outil généraliste par excellence, PCMark Pro 10 dispose de multiples modules destinés à la vérification des performances de nos SSD. Hélas, nous l'avons dit, Lexar ne nous a pas fait parvenir la mouture la plus rapide de son NM1090. Au contraire, c'est la version la plus « lente » qui nous a été envoyée, la mouture 1 To. Pas sûr que les 2 ou 4 To auraient été beaucoup plus rapides, mais le petit décalage par rapport aux autres SSD PCIe Gen 5 se ressent : rien de dramatique, le NM1090 reste loin devant les SSD PCIe Gen 4.

Lexar NM1090 - PCMark 10

2 Titre SSD seulement SSD seulement \nTitre Court Score général Temps d'accès moyen \nSous-titre PC Mark 10 Pro Storage - v2.1.2662 PC Mark 10 Pro Storage - v2.1.2662 \nAxe x Points - le plus élevé est le meilleur µs - le plus faible est le meilleur \nLexar NM1090 1To / PCIe 5 x4 #882B32 13974 11 \nCorsair MP700 Pro SE 4To / PCIe 5 x4 #28948D 14344 10 \nCrucial T705 Heatsink 2To / PCIe 5 x4 #28948D 14673 10 \nMSI Spatium M580 Frozr 2To / PCIe 5 x4 #28948D 14720 10 \nSamsung 990 Pro Heatsink 1To / PCIe 4 x4 #28948D 9864 15 \nSamsung 980 1To / PCIe 3 x4 #28948D 3536 45 \nSilicon Power A55 2To SATA 6Gbps #28948D 752 220

CrystalDiskMark 8.0.5

Le petit décrochage du NM1090 par rapport aux autres modèles de SSD PCIe Gen 5 passés entre nos mains se confirment sur CrystalDiskMark. Moins complet que PCMark 10, le logiciel se focalise sur les débits séquentiels et aléatoires avec, à chaque fois, un petit train de retard pour le produit Lexar par rapport à nos précédents concurrents. Remarquez, à aucun moment Lexar n'a prétendu rivaliser avec les meilleurs et les promesses de 11500 Mo/s en lecture / 9000 Mo/s en écriture sont parfaitement tenues. Nous le disions précédemment, le NM1090 garde les SSD PCIe Gen 4 à bonne distance.

AIDA64 écriture linéaire

Nous enchainons avec le test d'écriture linéaire d'AIDA64 lequel permet d'avoir une idée des performances en écriture à mesure que l'on remplit l'unité de stockage. C'est un fait établi : un SSD a de meilleures performances quand il est vide et celles-ci baissent petit à petit avec la saturation de la capacité. Lexar met en avant la technique dite du cache SLC dynamique pour améliorer les performances, mais cela n'empêche pas l'effrondrement caractéristique observé sur de très nombreux SSD : jusqu'à 10% de sa capacité occupés, le NM1090 est bien à 9000 Mo/s en écriture, mais les débits s'effondrent ensuite pour se stabiliser autour des 2000 Mo/s. Classique et, finalement, loin d'être catastrophique.

Temps de traitement copie

Pour valider ces différentes mesures, nous avons chronométré la copie d'une archive de 90 Go composée de tout type de fichiers, des petits tels ceux des pilotes comme des gros tels des vidéos. Dans un tel cas, le SSD travaille sur différentes tailles de fichiers qui le mettent plus ou moins à mal. Il s'agit d'une situation que vous pouvez aisément reproduire au quotidien et nous l'avons complétée d'une mesure réalisée sur le benchmark Final Fantasy Endwalker. Ce test DirectX 11 ne profite pas de Direct Storage, il est donc soumis aux performances du CPU Intel pour la décompression des données.

La copie de notre archive ne permet pas vraiment de départager les SSD les plus récents qui tournent autour de 42/44 secondes. Surprenant, tout de même, de voir l'excellent M50 de MSI être ainsi distancé par ses concurrents et notre Lexar NM1090. Sur le benchmark de Final Fantasy Endwalker les écarts sont encore moins perceptibles. On parle ici de quelques dixièmes de seconde, autant dire que la différence entre nos différentes générations de PCIe sera imperceptible en jeu... et même le modèle SATA n'est qu'à trois secondes des meilleurs.

Lexar NM1090 - Temps de traitement

1secondes - le plus faible est préférable Titre Temps de copie Temps de chargement \nTitre Court Temps de copie Temps de chargement \nSous-titre Archive 90 Go Benchmark Endwalker \nLexar NM1090 1To / PCIe 5 x4 #882B32 44 10,6 \nCorsair MP700 Pro SE 4To / PCIe 5 x4 #28948D 44 10,4 \nCrucial T705 2To / PCIe 5 x4 #28948D 42 9,9 \nMSI Spatium M580 Frozr 2To / PCIe 5 x4 #28948D 63 9,9 \nSamsung 990 Pro 1To / PCIe 4 x4 #28948D 57 10,2 \nSamsung 980 1To / PCIe 3 x4 #28948D 69 10,7 \nSilicon Power A55 2 To SATA 6Gbps #28948D 221 13,5

Températures du SSD

Précision utile pour ce test de température, lorsqu'un SSD est vendu avec un dissipateur, nous le testons avec son accessoire bien sûr. En revanche, lorsqu'il en est dépourvu, nous utilisons celui de la carte mère qui, dans certains cas, peut être plus costaud. Logiquement, les valeurs de température relevées ne sont donc qu'indicative : elles permettent surtout de voir à quel point les SSD PCIe Gen 5 peuvent être en délicatesse avec cette notion d'échauffement. Dans le cas du Lexar NM1090, il s'agit aussi de vérifier la qualité d'un dissipateur que la marque annonce comme « unique et puissant » de sorte qu'il autorise « une fraîcheur ultime ».

Pour la fraîcheur en vrai, on repassera puisqu'à 63°C de maximum relevé, le NM1090 n'a rien de frais. En revanche, il se tient loin de la limite des 70°C à laquelle le throttling se met en branle limitant les performances. Le SSD chauffe donc, mais pas outre-mesure et le dissipateur de Lexar semble par exemple plus efficace que celui livré par Crucial sur le T705 : au repos, le NM1090 est l'un des plus frais et en charge, il est encore 5°C moins chaud que le T705. Notons au passage que malgré la présence d'un ventilateur, celui-ci se montre particulièrement discret. En réalité, nous ne l'avons pas entendu du tout sur la majorité de nos tests : comme toujours, se pose tout de même la question de sa longévité.

Lexar NM1090 - Températures

3°C - le plus faible est préférable Titre Couleur Sous-groupe SSD seulement \nTitre Court \nSous-titre Températures \nLexar NM1090 1To / PCIe 5 x4 #882B32 En charge 63 \nLexar NM1090 1To / PCIe 5 x4 #A62B32 Au repos 34 \nCorsair MP700 Pro SE 4To / PCIe 5 x4 #28948D En charge 55 \nCorsair MP700 Pro SE 4To / PCIe 5 x4 #28BBAF Au repos 39 \nCrucial T705 Heatsink 2To / PCIe 5 x4 #28948D En charge 68 \nCrucial T705 Heatsink 2To / PCIe 5 x4 #28BBAF Au repos 41 \nMSI Spatium M580 Frozr 2To / PCIe 5 x4 #28948D En charge 49 \nMSI Spatium M580 Frozr 2To / PCIe 5 x4 #28BBAF Au repos 36 \nSamsung 990 Pro 1To / PCIe 4 x4 #28948D En charge 55 \nSamsung 990 Pro 1To / PCIe 4 x4 #28BBAF Au repos 36 \nSamsung 980 1To / PCIe 3 x4 #28948D En charge 37 \nSamsung 980 1To / PCIe 3 x4 #28BBAF Au repos 31 \nSilicon Power A55 2 To SATA 6Gbps #28948D En charge 39 \nSilicon Power A55 2 To SATA 6Gbps #28BBAF Au repos 37

Conclusion

Pour son premier SSD en PCI Express Gen 5, Lexar n'avait pas dans l'idée de révolutionner le monde du stockage. En même temps, la marque américaine arrive après plusieurs de ses concurrentes et ne pouvait logiquement prétendre à la « prime au premier arrivé ». Son NM1090 utilise d'ailleurs le même contrôleur Phison PS5026-E26 que la majorité des candidats PCIe Gen 5. Associé à de la mémoire signée Micron, il autorise de très bons débits, mais un petit cran en-dessous des meilleurs.

Comme pour compenser ces débits de « seulement » 12000 Mo/s en lecture séquentielle, Lexar met en avant une endurance en écriture sensiblement supérieure à celle de la concurrence avec, déjà, 700 To pour la plus petite déclinaison du NM1090 (1 To). La présence d'une puce de cache DRAM et d'un cache SLC dynamique sont garantes d'un bon comportement sur de longues sessions alors que la présence d'un dissipateur assure la maîtrise de la chauffe. Dissipateur qui permet à Lexar de se distinguer grâce à un design travaillé et la présence de LED contrôlables. Une remarque tout de même alors qu'un ventilateur est intégré « par sécurité » : attention au vieillissement de celui-ci, les petits ventilateurs peuvent devenir bruyants avec le temps.

Points chouettes Points moins chouettes
L'élégance d'un dissipateur bien pensé Montage un peu plus « compliqué » sur les ports M.2 dôté d'un pad thermique
Très bonnes performances, une des meilleures endurance en écriture

Quelle longévité pour ce petit ventilateur ?

Dissipateur +  ventilateur : aucun risque de throttling

Toujours très (trop ?) chers ces SSD PCIe Gen 5

Cache DRAM et cache SLC dynamique

Signature Nerces


  • Merci pour ce test.

    Marrant, Adata s'est vanté il y a quelques jours de détenir le seul ssd du marché avec un fan alimenté uniquement par le slot m2, sans besoin câble supplémentaire. Bin c'est raté, celui-ci aussi apparemment 😁 (et tant mieux, ça doit être relou d'avoir un câble à brancher et qui traîne en plus!).

    L'esthétique est sympa en effet.

    Pour les tests de copie, avoir un ssd gen 3 comme source ne représente-t-il pas le goulot d'étranglement? Il faudrait presque utiliser un ramdisk. 90Go, ça peut passer, avec de gros modules. Attention aussi à la mise en cache (en ram), si c'est une moyenne de plusieurs mesures. Je ne sais pas comment ça se passe sous windows, mais sous Linux, c'est souvent un piège, lorsque je m'amuse à ça.

    • Pour les tests de copie, avoir un ssd gen 3 comme source ne représente-t-il pas le goulot d'étranglement?

      Édité le 26 Juillet 2024 - 12:35 par TiTi.

      Alors en réalité, c'est un test pratique d'écriture loin des débits théoriques et le SSD Gen 3 source dépasse les performances en écriture soutenue de ce modèle.

      Mais tu as raison sur le principe et nous envisageons, pour l'avenir, une solution qui reste simple à mettre en œuvre tout en évitant tout risque de goulet d'étranglement.

      Perso, plutôt qu'un ramdisk, j'envisage une solution à base de deux SSD en RAID0 sur une carte PCIe. À creuser...

2 commentaires

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