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Au nom de la (cyber)sécurité nationale, la Chine s'est mise à enquêter sur Micron et cela pourrait se conclure avec le bannissement de l'entreprise du pays.

C'est sans grande explication et dans une discrétion très relative, mais absolument typique, que la Chine a annoncé vendredi dernier (le 31 mars) le début d'une enquête sur l'américain Micron, grand producteur de NAND et de DRAM ! Plus exactement, il s'agit d'examiner la (cyber)sécurité des produits signés Micron vendus en Chine afin de déterminer si ceux-ci sont bien conformes aux lois du pays sur la sécurité des réseaux. Une manœuvre qui pourrait potentiellement se conclure avec le bannissement partiel ou total du numéro 1 américain de la mémoire et de ses produits NAND et DRAM du plus grand marché au monde pour des raisons de sécurité nationale, et par conséquent, les marques chinoises majeures, telles que Lenovo, ne pourraient donc ne plus s'en servir. Pour sûr, cela ne manquerait pas de causer quelques secousses dans l'industrie.

Certes, en ce qui concerne, Micron, ce n'est pas la première fois que l'entreprise est ciblée par les autorités chinoises. Certains se souviendront peut-être que ses marques Crucial et Ballistix (RIP) avaient temporairement été bannies en 2018, et le constructeur avait aussi été cuisiné par la Chine la même année sur la hausse des prix de la DRAM. À l'époque, c'était déjà à placer dans le cadre de la guerre commerciale entre les USA et la Chine, et accessoirement à considérer comme une réponse au bannissement de ZTE par les USA. Et parce que rien ne s'est amélioré de ce côté-là depuis cinq ans, bien au contraire, il est évident que cette manœuvre de la Chine est une réponse directe à l'interdiction pour les constructeurs américains de traiter avec le producteur chinois de NAND YMTC (exactement pour les mêmes raisons qui ont désormais été invoquées par le gouvernement de Xi Jinping pour l’enquête sur Micron), ou encore à l'interdiction pour les entreprises désireuses de profiter du CHIPS Act d'utiliser ces subventions pour étoffer leurs opérations en Chine, entre autres. Ceci avait notamment obligé Apple à rompre son contrat d’approvisionnement avec YMTC, un coup dur pour la croissance de cette dernière. Micron étant par ailleurs aussi un concurrent majeur de YMTC et l'un des fournisseurs principaux en Chine, il est peu surprenant qu'il soit ciblé en premier…

Pour l’anecdote, Micron n'effectue en principe plus aucun travail de conception de puce en Chine, le constructeur avait fait connaître début 2022 son intention de retirer cette activité du pays. En revanche, l’américain possède toujours des bureaux d'affaires à Shanghai et à Shenzhen, ainsi qu'une usine de packaging à Xian. En 2022, 11 % des ventes de Micron avaient été générées en Chine, soit 3,3 milliards de dollars. Cette nouvelle tombe aussi pile après l'annonce d'un résultat déficitaire record pour l'entreprise. Sans surprise, son action en a aussi pris un coup.

Bref, c'est un énième épisode dans la guerre froide du semiconducteur ! On se demande toujours comment tout cela pourrait bien se terminer… À quand une cessation des exportations de terres rares vers l'ouest ? (Source : El Chapuzas Informatico, Reuters)

Us Chine Semiconducteur Pcb

Matt

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